Vous avez trouvé un nid qui ressemble à un amas de boules de cire dans votre jardin, votre grenier ou une boîte aux lettres ? Vous ne savez pas si ce sont des bourdons, des guêpes ou des abeilles ? Et surtout, vous vous demandez si c’est dangereux et ce que vous devez faire ?
Pas de panique. La plupart du temps, un nid de bourdon ne présente pas de risque. Cet article vous donne une méthode claire pour prendre la bonne décision pour votre sécurité et celle de ces insectes utiles, en fonction de votre situation précise.
Tableau Décisionnel : Garder, Déplacer ou Détruire ?
Voici un résumé pour vous aider à choisir la meilleure option rapidement. Les détails sont expliqués plus bas dans l’article.
| Option | ✅ Quand et Pourquoi le faire ? | ❌ Risques et Inconvénients |
|---|---|---|
| Garder le nid |
|
|
| Déplacer le nid |
|
|
| Détruire le nid |
|
|
Étape 1 : Êtes-vous sûr que c’est un nid de bourdon ?
Avant toute chose, il faut identifier correctement le nid. Un nid de bourdon ne ressemble ni à un nid de guêpes, ni à une ruche d’abeilles. Le plus souvent, il s’agit d’un amas de petits pots en cire de couleur jaune-brun, qui peut faire penser à des céréales « Miel Pops ».
Ce nid est souvent caché. Les bourdons aiment les endroits sombres et protégés. Contrairement aux abeilles, beaucoup d’espèces construisent leur nid au sol ou dans des cavités existantes. Ils ne construisent pas leur propre structure à partir de rien.
Les endroits fréquents pour trouver un nid de bourdons :
- Dans un trou dans le sol (ancien terrier de rongeur)
- Sous une terrasse en bois ou un abri de jardin
- Dans un tas de compost ou un tas de bois
- Dans l’isolation d’un grenier ou d’un mur
- Dans une boîte aux lettres inutilisée ou un vieux nichoir à oiseaux
- Un nid de guêpes est en papier mâché, de couleur grise et a une texture de carton.
- Un nid d’abeilles domestiques (ruche) est composé de rayons de cire parallèles et très organisés, souvent dans une cheminée ou une cavité de mur. Leur corps est plus fin que celui du bourdon.
Étape 2 : Quel est le niveau de danger réel ? (Mythes et Réalités)
Le bourdon a mauvaise réputation, souvent confondu avec la guêpe. Pourtant, le bourdon n’est pas un insecte agressif. Sa seule préoccupation est de collecter du nectar et du pollen pour nourrir la colonie. Il n’est pas intéressé par votre nourriture ou vos boissons sucrées.
Un bourdon ne pique que dans deux situations précises : s’il se sent directement menacé (coincé dans un vêtement, si on lui marche dessus) ou si le nid est attaqué. Il pique uniquement pour se défendre. Seules les femelles (reines et ouvrières) possèdent un dard. Contrairement à l’abeille, le bourdon peut piquer plusieurs fois car il ne perd pas son dard.
Les 2 vrais cas de danger
Le risque est très faible, sauf dans deux cas de figure où il faut être prudent :
- Le nid est sur un lieu de passage fréquent : Si le nid est juste à côté de votre porte d’entrée, sur votre terrasse où les enfants jouent, ou près d’une tondeuse que vous utilisez souvent, les vibrations et les passages répétés peuvent être perçus comme une menace. C’est là que le risque de piqûre augmente.
- Une ou plusieurs personnes allergiques vivent à proximité : C’est le facteur le plus important. Si un membre de votre famille est connu pour avoir une réaction allergique sévère aux piqûres d’hyménoptères, la présence d’un nid à proximité constitue un danger qu’il ne faut pas ignorer.
En dehors de ces deux cas, la cohabitation est généralement sans problème. Il suffit de garder une distance de quelques mètres avec le nid et de ne pas faire de gestes brusques à proximité.
Étape 3 : Pourquoi et comment cohabiter avec les bourdons ? (L’option « Garder »)
Si le nid n’est pas dans une zone à risque, le garder est la meilleure option pour l’environnement. Les bourdons sont des pollinisateurs essentiels, bien plus efficaces que les abeilles pour certaines plantes et par temps frais ou pluvieux. Leur corps velu transporte beaucoup plus de pollen.
Le principal argument en faveur de la patience est le cycle de vie du bourdon. La colonie a une vie très courte. Fondée au printemps par une seule reine, elle se développe pendant l’été. À la fin de l’été, de nouvelles reines et des mâles sont produits. Après l’accouplement, toute la colonie (l’ancienne reine, les ouvrières, les mâles) meurt à l’automne avec les premières gelées.
Le nid ne sera pas réutilisé
Seules les nouvelles reines fécondées survivent. Elles quittent le nid pour passer l’hiver seules, cachées dans le sol. Le nid n’est jamais réutilisé l’année suivante. En automne, il ne restera plus qu’une structure de cire vide et inoffensive que vous pourrez enlever sans risque.
Protéger les bourdons est aussi un geste important. Beaucoup de leurs espèces sont en déclin à cause des pesticides et de la perte de leur habitat. Certaines sont même classées menacées d’extinction par l’UICN. Si vous en avez l’occasion, vous pouvez aider la science en signalant leur présence pour participer à l’Observatoire des Bourdons.
Quand et comment faire enlever un nid ? (Options « Déplacer » ou « Détruire »)
Le déplacement ou la destruction ne doivent être envisagés qu’en cas de danger avéré et immédiat. Si vous avez conclu que le nid est trop dangereux pour être conservé, la règle d’or est simple : ne faites rien vous-même.
Ces opérations doivent être menées exclusivement par un professionnel. Il dispose de l’équipement de protection adéquat, des produits et des techniques pour intervenir en toute sécurité. Tenter de le faire soi-même est le meilleur moyen de provoquer une attaque et des piqûres multiples.
Pourquoi il ne faut jamais le faire soi-même
- Risque de piqûres : En essayant de détruire ou de boucher un nid, vous déclencherez une réaction de défense massive de la colonie.
- Solutions « maison » inefficaces : Tenter de noyer le nid, de le brûler ou d’utiliser des insecticides du commerce est dangereux et souvent inefficace. Vous risquez de ne tuer qu’une partie de la colonie, rendant les survivants plus agressifs.
- C’est souvent inutile : Comme la colonie meurt en hiver, une intervention est rarement nécessaire si on peut attendre quelques mois.
La bonne démarche : contacter un professionnel
Si la situation l’exige, contactez une entreprise spécialisée dans la désinsectisation ou un apiculteur qui propose ce service pour les bourdons. Expliquez clairement la situation, l’emplacement du nid et le niveau de danger. Le professionnel évaluera si un déplacement est possible (souvent privilégié) ou si la destruction est la seule option.
FAQ – Questions fréquentes sur les nids de bourdons
Voici les réponses aux questions les plus courantes sur les bourdons et leur nid.
Les bourdons reviennent-ils au même endroit chaque année ?
Non, jamais. Une jeune reine fécondée passe l’hiver seule, cachée dans le sol. Au printemps, elle cherche un nouvel endroit pour fonder sa propre colonie. L’ancien nid est abandonné pour de bon et se dégrade naturellement.
Combien y a-t-il d’individus dans un nid ?
La taille d’une colonie varie selon l’espèce et le moment de l’année. Au pic de son développement en été, un nid de bourdon peut contenir jusqu’à 300 ou 500 individus, ce qui est bien moins que les dizaines de milliers d’individus d’une colonie d’abeilles.
Est-ce que tuer des bourdons est illégal ?
Les bourdons font partie des espèces protégées dans de nombreux pays, dont la France et la Belgique. Leur destruction est donc réglementée et doit être justifiée par un danger réel. Un professionnel saura vous dire ce que la loi autorise dans votre cas précis.
Comment construire un abri pour les attirer loin de la maison ?
Si vous voulez aider les bourdons tout en les gardant à distance, vous pouvez installer un « hôtel à bourdons » dans un coin tranquille de votre jardin. Il s’agit d’une simple boîte en bois avec un trou d’entrée, remplie de matière sèche (mousse, paille). Placez-la au début du printemps pour qu’une reine en quête d’un abri puisse s’y installer, loin de votre lieu de vie.



